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Younes Khourassani
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Khourassani Younes
Actualités10 juillet 2025

Le marché de l'art en 2025 : entre consolidation et nouvelles géographies

Le rapport Art Basel & UBS 2025 dessine un marché de l'art en mutation : contraction des ventes aux enchères, montée en puissance des galeries, et émergence de nouveaux pôles en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient.

Chaque année, la publication du rapport Art Basel & UBS sur l'état du marché de l'art mondial est un événement dans le secteur. L'édition 2025 confirme des tendances déjà perceptibles depuis quelques années tout en révélant des évolutions nouvelles qui méritent attention. Pour les artistes actifs sur la scène internationale — et pour les collectionneurs qui souhaitent comprendre dans quel contexte ils investissent — en voici les principaux enseignements.

La contraction du marché des enchères, entamée en 2022 après les records post-pandémie, se confirme. Christie's, Sotheby's et Phillips enregistrent des baisses de volume par rapport aux années exceptionnelles 2021-2022. Cette normalisation n'est pas nécessairement mauvaise signe : les prix les plus élevés étaient souvent déconnectés de toute réalité de marché à long terme. La correction en cours reflète un retour à des valorisations plus soutenables, notamment pour les artistes contemporains dont les cotes avaient été gonflées artificiellement par la spéculation.

En revanche, le marché des galeries résiste bien, voire progresse pour les galeries de taille moyenne. Ce sont elles qui continuent à construire les carrières des artistes émergents et de milieu de carrière, à développer les marchés secondaires dans des pays qui n'avaient pas de tradition de collection institutionnalisée, et à maintenir un tissu relationnel avec les collectionneurs que les maisons de vente ne peuvent pas reproduire. La galerie reste l'écosystème central du développement d'un artiste — avant les enchères, avant les musées, avant les foires.

Les nouvelles géographies du marché de l'art sont peut-être la tendance la plus significative. Si New York, Londres et Hong Kong restent les trois pôles dominants, on observe une montée en puissance de marchés régionaux qui disposent désormais de leur propre infrastructure de foires, de galeries et d'institutions muséales. Dubaï et Abu Dhabi, avec Art Dubai et Abu Dhabi Art, ont transformé les Émirats en hub incontournable pour le marché moyen-oriental et international. L'Afrique du Sud, avec la Turbine Art Fair de Johannesburg et la croissance des galeries captoises, s'affirme comme le pôle africain de référence. Le Maroc lui-même, avec 1-54 Marrakech et une scène galerie casablancaise en développement, gagne en visibilité.

Pour les artistes marocains qui souhaitent s'inscrire dans ce marché international en mutation, la stratégie n'est pas de choisir entre ancrage local et ambition internationale — c'est d'articuler les deux. Construire une base solide dans les collections marocaines et maghrébines, tout en s'exposant dans les foires et galeries internationales. Développer une relation durable avec des galeries représentantes, plutôt que de multiplier les participations ponctuelles. Et surtout, continuer à produire des œuvres qui ont quelque chose à dire — parce que sur un marché de plus en plus informé et exigeant, c'est finalement la seule chose qui compte vraiment.

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